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J'ai vu la lune, les étoiles et la comète,
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2heures plus tôt,nous étions une bonne vingtaine à poireauter côté Nord, à moitié
scotchés dans les rouleaux (de printemps ah-ah-ah-ah !) générés par un travers gauche
rendent les opérations passablement pointues au déco. Dans mon cas pêrso, l'allongement
de la voile m'étant prêtée en essai est suffisamment conséquent pour rendre les choses
encore plus pointues. Arrivée des courses : on finit par replier, on enlève sa
sellette, on rend le chiffon à son Bruno de propriétaire. |
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C'est alors que Tilt !pourquoi ne pas faire un saut à l'autre déco, dont un heureux local nous a vaguement parlé. Jamais utilisé par Volatiles, de moins en moins utilisé par l'école locale, peu entretenu pour ne pas dire 'limite-désaffecté". Certes, certes, mais plein Ouest, donc dans le sens de la marche... Qu'à cela ne tienne, j'interpelle Super Dany'Aile (on dit bien Super Luc, pour quoi pas Super Dany'Aile , hein ?), aussi dépité que moi de n'avoir pu prendre l'air en cette douce fin de journée printanière et dioise en plus. En un clin d'oeil l'affaire est dans le sac... et nos deux chiffons en vrac dans l'Espace (entendez par là dans la bétaillère au Sieur De Vadder). |
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500 m plus loin, bref coup d'oeil sur les lieux. La décision est vite prise : moins de place que côté Nord, certes, et plus de ronces et de branchages qu'à Trappes ou à Bondoufle, certes, certes. Mais bon : pile poil dans l'axe, et suffisamment d'air pour un quasi bouchon sur place (genre bouteille de clairette locale un peu secouée ;-)). Démêlage et prégonflage ( les deux mamelles du parapente ). Un brin speeds, certes, de peur de perdre les dernières miettes de la journée, mais avec une brochette de Volatiles prêts à étaler et me tenir le bord d'Aile (Merci la brochette ! ). Mais vite: les premières zones d'ombres arrivent, ç'est-y-pas-que-ça-irait-faiblir, non mais... La suite prouvera que c'était pas vraiment la peine de stresser comme ça... |
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Feu !!! ça bippe instantanément, et tout du long SVP+100 bip-bip, +200 bip-bip etc...etc...+ 700 en pilotage automatique. En fait de zones d'ombre, c'était pas près de faiblir ! Couper ce son devenu vite inutile. Profiter plus calmement d'un véritable retour aux sources : celles du Vol Plaisir par Essence même, celles du Vol brut de brut à l'état pur, sans varios, sans autre but que celui de la glisse à l'état pur. Loin de toutes contingences thermiques et autres obsessions prétendument kilométriquesque. Loin de toutes turbulences et autres tabasses. Loin de toutes contraintes liées à la fréquentation ou aux règles de priorités. 700 m plus bas, je vois les véhicules plier bagage du déco Nord et redescendre au compte-gouttes. Je vois aussi l'ami Dany'Aile décoller, puis me rejoindre petit à petit, loin au-dessus de la crête. Là où l'on est encore au soleil, quand tous les autres sont déjà dans la pénombre, là-bas, tout en bas. Mais à cet instant, je n'ai pas encore percuté sur le fait que tout ceci se finirait probablement à la nuit et en bonne compagnie... nocturne. Nous somme au début du printemps 97. C'est la période de la fameuse comète de Halley. Et cerise sur le gateau: ce soir, Madame Comète a rendez-vous avec la lune... La suite n'est qu'instants de quintessence libéristeà l'état brut, dans le crépuscule et le soleil
couchant. Un bref instant Dany'Aile en radio s'interroge sur le pourquoi du comment de la
chose, dans la série: " est-ce de la restit', ou ça y'en a-t-il aussi du
dynamique et des p'tits thermiques ? ".
et disparaît doucement derrière les massifs qui de découpent de plus en plus nettement. Doucement, doucement, doucement s'en va le jour, doucement, doucement, à pas de velours... Vers le sud, au point haut de la restite on reconnait le Mont Ventoux, et, un peu plus à droite, la Montagne de la Lance me semble-t-il. Un mince croissant de lune et son cortège étoilé se sont invités. |
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Et puis, enfin, la Comète en personne entre en scène...
Voler avec la lune et la comète.
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monument local illuminé, qui de fait attire le regard. Au large, en milieu de vallée, c'est tout juste s'il ne faut pas engager les virages pour obliger la Legend à descendre pour draguer les crêtes. Un bref instant, j'aurais bien mis la musique à bord ; dans le genre "Photographer" de Philipp Glass, ou, dans un autre registre, des Canons de Pachelbel voire, à un rayon plus grandiloquent Carmina Burana ou Tannhauser (soyons fous !!!! ). Je songe aussi que depuis quelques temps je me suis lassé d'embarquer à bord le boîtier photo. Sur ce coup-là, mauvaise pioche : je perds l'occase d'une belle orgie d'images archi-photogéniques...
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Et qu'à partir d'un certain âge, la vue baissant, il faut mieux aller poser. .. Je suis donc commis dans le rôle du-sale-gosse-qui-fait-la-fermeture ( fermeture oui, mais pour une fois dans le bon sens du terme ... ). Avec cet arrière goût pimenté que celui de la compromission au vol de nuit. Cette fois-ci, vu le peu de visibilité qui nous reste, la forme caractéristique du terrain sera visuellement utile en approche...
Encore que: il y a là des phares allumés : le comité d'accueil bien entendu, j'ai nommé Alex.
| " La lune par ici, la comète par-là, et la crèche, là-bas, tout en bas..."s
Olive
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